Il est temps de mettre une nouvelle note
Bon, parce qu'il faut bien une mise à jour de temps en temps, un début de nouvelle tiré de mes archives, et qui traite (comme quoi il y a des obsessions, hein...) justement de la flemme.
Le rêve se dissout lentement, perdant ses contours et ses personnages, assailli par une douleur extérieure qui va croissant, et brusquement il se retrouve dans son lit, au milieu d’une réalité nue et glacée.
Il entend, et quelque part sa mémoire l’enregistre, le morceau de jazz qui passe sur le radio-réveil. Il referme les yeux, se laissant porter par les notes. Souvent, le matin, c’est le flash-info qui le tire progressivement dans le réel, par une avalanche de faits rugueux qu’il met plusieurs minutes à oublier. Est-il simplement l’heure du flash ? Il s’attache à un vague et difficile calcul, abandonne, regarde sa montre. Son espace de vision s’élargit, se fixe sur les aiguilles, y reste quelques instants le temps de les comprendre. Il est neuf heures moins le quart.
Ça va. Dans un quart d’heure, il y aura le journal. D’ici-là, il peut se permettre de replonger, de ne pas réfléchir. Il abandonne les combats, laisse les sphères de lumière qui lui servent de fenêtres mentales refermer les volets, s’éteindre, se taire. Il suit le sang qui remonte dans son crâne, épaissit sa volonté, l’éloigne, très vite, des sons du radio-réveil.
Il ne rêve pas, profitant, simplement, du coma. Puis quelque chose le trouble, parasite la marche du sommeil, et pris d’inquiétude il regarde sa montre. Sans parvenir à la lire, il devine pourtant au bruit qu’il est l’heure des informations ; il entend sans les comprendre des nouvelles d’Irak et de Palestine. Ses yeux restent ouverts, fixant le point le plus près possible, et en déplaçant son bassin, il parvient à noyer sa tête au niveau de la couette.
"L'important, ce n'est pas l'intérêt du post, c'est la fréquence de la mise à jour" (Confucius.com)